Pourquoi ajouter du sable à la terre ?

Consultez les spécialistes des enduits terre (Ils sont aujourd'hui de plus en plus nombreux, Dieu merci !!). Ils vous diront tous qu'un enduit uniquement composé de terre se fissurera immanquablement. Un mélange de sable et de terre tiendra si on a trouvé les bonnes proportions : Pas assez de sable, ça fissure ; trop de sable, ça ne tient pas, ça se décolle !!!

Pourquoi ajouter du ciment réfractaire au mélange terre-sable ?

En dépit de tous mes essais (% d'eau, % de sable), je n'ai pas réussi à trouver un mélange qui ne se fissure pas à cause du retrait au moment du séchage. Et puis... miracle !!!! J'ai trouvé sur Internet plusieurs lascars malins qui avaient eu l'idée d'ajouter du ciment réfractaire pour limiter les dégâts collatéraux dûs au retrait.

On aurait pu penser à d'autres adjuvants...

La chaux (aérienne ou hydraulique) ? Aucun effet !!! Le ciment ordinaire (Portland) ? Il ne tient pas à la chaleur !!!

Choix de la terre

On ne trouve pas (sauf dans certaines carrières rarissimes) l'argile à l'état pur. La terre se compose toujours d'un tas de bidules minéraux et organiques (voir sur Internet) et contient un % plus ou moins important d'argiles de diverses qualités (en termes d'absorption d'eau, de cohésion, etc.). Les briquetiers et tuiliers se font rares de nos jours mais il existe un peu partout en France d'anciennes briqueteries ou tuileries. Si vous pouviez vous en dégoter une pas trop loin de chez vous ce serait l'idéal !!! Même si elles ne figurent plus dans les annuaires, vous pouvez les trouver en vous renseignant dans les mairies ou à la DDE ou dans les Bureaux d'Etude de Génie Civil spécialisés dans la mécanique des sols : Eux savent où se trouvent les sols argileux.

Choix du sable

On peut utiliser du bête sable de rivière qu'on trouve dans les rivières et chez les marchands de matériaux. C'est un sable siliceux non réfractaire (Mais ça marche quand même !!!). On peut aussi utiliser de la chamotte qui est un sable réfractaire fabriqué artificiellement à partir d'argile pulvérisée dans un four à très haute T°. Le fournisseur le moins cher, le plus sympa et le plus accommodant que j'ai trouvé est l'entreprise Valuy-Valabrègues à Bollène dans le Vaucluse.

Proportions du mélange

Là, il n'y a pas de règle stricte !! Elles dépendront de la qualité de votre terre. Vous devrez AB-SO-LU-MENT faire vos propres essais. C'est pas chiant !!! C'est même assez rigolo !!! Faut juste être un tant soit peu méthodique. Vous fabriquez avec quelques planches un ou plusieurs moules de 10x30x5cm environ (de simples cadres de 5cm de haut). Vous préparez un petit carnet dans lequel vous noterez tous les paramètres de vos essais (code, date, % eau, % sable, durée du séchage, durée de la cuisson) et vous ferez vos essai sans oublier de graver le code de repérage sur les briques. Vous pouvez démarrer vos essais sans ciment réfractaire en faisant varier le % d'eau et le % de sable. Vous pouvez démarrer avec un mélange moitié terre, moitié sable. Le % d'eau doit être le plus faible possible mais cependant permettre un bon malaxage. Lorsque vous aurez trouvé le bon mélange "sans" ciment réfractaire, vous commencerez les essais "avec".

Cuisson des éprouvettes

Lorsque vos éprouvettes (vos épreuves, vos bouts d'essais) seront bien sèches, vous les ferez cuire plusieurs heures dans le foyer de la cuisinière, du four à bois ou d'un feu extérieur créé exprès. Et vous testerez leur résistance à l'abrasion, aux chocs et à la "casse". Et vous noterez tout ça dans votre petit carnet.

Résumé et Conclusion.

Si vous n'avez pas eu la patience de lire tout cet article : Démarrez avec 50% de terre et 50% de sable + 1 litre de ciment réfractaire pour 10 litres de mélange, ça peut peut-être le faire.

Attention !!!

Ne mélangez le ciment réfractaire au mélange terre-sable qu'au dernier moment, juste avant la mise en oeuvre, parce que ça prend très, très, très vite !!!!